Le tribunal correctionnel de Strasbourg a prononcé la relaxe de l’eurodéputée Rima Hassan, poursuivie pour injure publique à la suite d’un affrontement verbal avec l’élue socialiste Anne-Pernelle Richardot sur le réseau social X. La plainte faisait suite à l’utilisation par Rima Hassan de l’expression « islamophobe assumée » pour qualifier sa contradictrice.
À l’audience, le président Michaël Da-Lozzo a replacé les propos incriminés dans le cadre d’un débat public et politique opposant deux responsables élues. Il a estimé que, dans ce contexte, les formulations employées, bien que virulentes, ne dépassaient pas les bornes admises de la liberté d’expression. Selon la juridiction, « les propos poursuivis n’ont pas excédé les limites de la liberté d’expression ».
L’origine du litige remonte à novembre 2024. Anne-Pernelle Richardot, connue pour ses positions favorables à la politique d’Israël, avait soutenu l’idée d’interdire une conférence de Rima Hassan consacrée à la Palestine à Strasbourg. Elle avait alors établi un lien entre la solidarité avec la Palestine et des « groupuscules islamistes », déclenchant une vive controverse.
Rima Hassan avait dénoncé cette prise de position, la qualifiant de raciste et islamophobe. C’est cette qualification, et plus précisément l’expression « islamophobe assumée », qui a conduit Anne-Pernelle Richardot à engager des poursuites pour injure publique.
À l’issue du jugement, l’avocat de la défense, Me Vincent Brengarth, a salué une « formidable victoire de la liberté d’expression », évoquant un contexte marqué, selon lui, par des tentatives répétées de judiciariser et de restreindre la parole politique de sa cliente.